Ce beau livre présenté sous coffret offre une lecture éclairante et vivifiante de l’un des textes fondateurs de l’humanité. La traduction inédite de Marc-Alain Ouaknin allie rigueur, poésie et audace, et préserve toute l’authenticité de la langue biblique. Les onze premiers chapitres, de la création du monde à la tour de Babel, sont présentés en français, en hébreu et en translittération. Les commentaires et les interprétations révolutionnaires de Marc-Alain Ouaknin, loin des clichés véhiculés par des siècles de traductions et d’exégèses, éclairent les nombreux mystères de ce texte riche de symboles et nourri de la tradition mésopotamienne : Quelle est la ruse mise en place par le serpent ? Que se sont dit les deux frères avant le meurtre d’Abel ? Dieu est-il ce Dieu colérique que l’on imagine si souvent dans la Genèse ? Quelle est la signification de l’arc-en-ciel ? Marc-Alain Ouaknin montre de surcroît que des formulations pourtant inséparables du récit de la Genèse, comme le péché originel ou la côte d’Adam, ne figurent pas dans le texte biblique.
La beauté et la profondeur de ce texte millénaire, traitant de sujets universels comme la liberté, l’accueil de l’étranger, l’amour de l’autre, le travail, sont soulignées par des œuvres de peintres abstraits occidentaux et orientaux, tels Kandinsky, Mondrian, Soulages, Zao Wou-Ki… Chacune tente d’approcher l’invisible et l’ineffable, ouvrant un espace de liberté pour inviter le lecteur à la contemplation et à la méditation.
L'iconographie
L’art abstrait s’est imposé pour illustrer les onze premiers chapitres de la Genèse. Ce texte millénaire, dont la vitalité est libérée par la nouvelle traduction de Marc-Alain Ouaknin, « ouvre l’espace où se joue la pensée », selon la belle expression de Valère Novarina. Avec l’abstraction, les peintres nous font voyager dans ce même espace, ce lieu de l’invisible, suggérant l’ineffable.
Le recours à l’abstraction émane d’une « nécessité intérieure » pour Wassily Kandinsky, d’une contemplation longuement méditée des icônes pour Serge Poliakoff, d’une profonde ascèse pour Bang Hai Ja, ou de la volonté de « pénétrer le mystère du monde et percer les secrets métaphysiques » pour Barnett Newman.
La création du monde se médite ici en contemplant les oeuvres de Wassily Kandinsky, Pierre Soulages, Mark Rothko, Alexander Rodchenko, Paul Klee, Anna-Eva Bergman et Serge Poliakoff, tandis que les œuvres d’Yves Klein, de Raoul Ubac, Hans Arp, Ellsworth Kelly, Lucio Fontana ou Fabienne Verdier invitent à rêver les territoires de l’Éden.